Psychologue clinicienne, Psychothérapeute, Formatrice, Praticienne en EMDR, Hypnose éricksonienne, PNL, Lectures intuitives


Emmanuelle Dobbelaere


EMDR | PNL | Hypnose éricksonienne


Sommaire :



Quelques définitions de l'hypnose et de l'auto-hypnose

L'hypnose est :

« Un état de rêverie orienté vers un but. » Daniel ARAOZ

« Un état de concentration mentale. » Milton H. ERICKSON

« Une technique de communication grâce à laquelle vous rendez disponible le champ d’apprentissage que vous avez acquis. » Milton H. ERICKSON


Un état de conscience de veille

Communément, l’hypnose est définie comme un état de conscience non ordinaire (la conscience ordinaire étant l’état habituel de nos perceptions).

C’est un état de conscience de veille : l’hypnose ne s’apparente pas au sommeil. Certains de ses aspects la rapprochent de l’état de conscience qui précède l’endormissement (: importance de l’imagerie mentale et diminution de l’activité motrice spontanée), elle en diffère cependant car la personne en état d’hypnose demeure éveillée et capable d’utiliser l’ensemble de ses facultés mentales. Le tracé électro-encéphalographique du sommeil diffère totalement de celui d’une personne hypnotisée.

C’est un mode de fonctionnement mental particulier différent de l’état de veille ordinaire en ce qu’il favorise l’apparition de modifications psycho- physiologiques :

  • augmentation de la concentration
  • modification de la perception du temps, des bruits, des sensations corporelles, modification du rythme de l’activité mentale (celle-ci peut se trouver considérablement ralentie ou au contraire amplifiée).

L'hypnose : un phénomène naturel, quotidien...

Dans sa forme la plus légère, l’état de transe hypnotique est banal. Il nous arrive quotidiennement d’expérimenter des états modifiés de conscience, parfois brefs, d’autres plus longs, où l’on s’évade du présent. Ainsi nous nous trouvons en état hypnotique quand nous perdons temporairement la notion du temps, quand nous sommes distraits, quand nous nous abandonnons à la rêverie, quand nous sommes extrêmement concentrés (sur une lecture, sur un écran d’ordinateur) et que ce faisant, nous occultons les autres stimuli extérieurs.

Nous sommes physiologiquement programmés pour expérimenter cet état modifié de conscience. Toutes les 90 minutes, un état de conscience modifié naît spontanément en nous. La technique de l’électroencéphalogramme a mis en exergue ces rythmes biologiques et ces ondes cérébrales propres à chaque état de conscience.


L'auto-hypnose c'est :

« Penser pour soi-même, par soi-même, en réfléchissant librement, facilement, simplement, se demandant ce que le moi peut faire pour lui-même. » Milton H. ERICKSON

L'auto-hypnose est l’accès par ses propres moyens à un état modifié de conscience, à un état de transe hypnotique. L’auto- hypnose, c’est passer d’un état ordinaire de conscience à un état hypnotique par soi-même, quand on le souhaite (et non plus seulement au gré de nos rythmes biologiques).

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Démysthification de l'hypnose

A- L'hypnose n'est pas le sommeil

L'hypnose est un état modifié de la conscience ou de la vigilance. C'est une veille paradoxale, car malgré une apparence de passivité, le patient est très actif : en hypnose, la mémoire, l'attention, la vigilance sont amplifiées.

Il est vrai que le chirurgien britannique James Braid a créé, au 19ème siècle, le vocable « hypnose », en s’inspirant du nom d’Hypnos, le dieu grec du sommeil. Il est également vrai que des formules telles que : « vous entrez dans un sommeil hypnotique », « vous vous endormez de plus en plus profondément », ont été fréquemment utilisées dans le passé…

Cependant, l’hypnose n’est pas le sommeil et le tracé électro- encéphalographique du sommeil ne ressemble pas du tout à celui d’une personne hypnotisée.

Ce qui a incité à parler de sommeil, c’est le fait qu’une personne hypnotisée est souvent immobile, les yeux fermés la plupart du temps, comme si elle était en train de dormir. En outre il arrive fréquemment qu’une personne qui sort de transe hypnotique ait l’impression d’avoir dormi, ou d’avoir été entre transe et sommeil.


B- L’individu hypnotisé ne perd pas le contrôle de lui-même pendant une séance d'hypnose

- L’hypnose suppose une participation active de la personne qui souhaite être hypnotisée. On n’entre en état de transe hypnotique que si on le veut bien, ou tout au moins, que si notre esprit inconscient estime que c’est sans danger pour nous, puisqu’il est le garant de notre sécurité et qu’il sait ce qui est bon pour nous (selon les conceptions de Milton Erickson).

Elle suppose une relation de confiance et d'échanges. Elle n’est qu’un accompagnement d’une personne vers un état qu’elle connaît déjà, puisqu’il est physiologiquement programmé, comme nous l’avons déjà souligné.

En outre, le dit « hypnotiseur » est lui-même en état de transe hypnotique.

- L’hypnose autoritaire du 19ème siècle considérait que le patient était dans une certaine mesure soumis à l’hypnotiseur. De nos jours, l’hypnotiseur de spectacle laisse entendre qu’il est tout-puissant. Cet état de choses tient certainement au fait que l’hypnose classique s’est développée dans une société très hiérarchisée, très patriarcale. On a progressivement réalisé que l’hypnose pouvait être pratiquée en étant débarrassée du caractère autoritaire dont elle avait été revêtue au 19ème siècle.

L’hypnose contemporaine, et en particulier l’hypnose éricksonnienne, ne vise pas à créer un état de soumission. Cela est d’autant plus vrai dans l’usage psychothérapeutique de l’hypnose, dans la mesure où la psychothérapie a pour but de rendre le patient plus autonome. C’est d’ailleurs à cette fin que l’on apprend aux patients à s’auto- hypnotiser, de manière à leur faire comprendre qu’ils peuvent trouver en eux-mêmes les ressources pour se guérir ou pour diminuer leurs symptômes.

Par ailleurs, soulignons que même lorsqu’une hypnose très autoritaire est pratiquée, cela ne signifie pas que l’on puisse faire faire n’importe quoi au sujet. Diverses expériences scientifiques ont montré que lorsque l’on tente d’imposer des suggestions inacceptables pour l’individu hypnotisé, c’est-à-dire incompatibles avec son système de valeurs, celui-ci ne les exécute pas, ou les sabote.


C- Rapprochements entre hypnose et relaxation

Relaxation et hypnose en tant qu’états physiologiques

La relaxation peut être considérée comme un simple corollaire de l’état hypnotique. La grande majorité des états hypnotiques s’accompagne en effet d’un vécu de relaxation corporelle, sans que celle-ci ait été suggérée par le thérapeute.

Inversement, il semble que l’état de relaxation puisse être un terrain favorable à l’apparition de l’expérience hypnotique. Mais il apparaît que des individus puissent expérimenter un état de transe hypnotique sans pour autant que leur corps soit détendu.

Relaxation et hypnose en tant que techniques

La relaxation peut être considérée comme un des moyens d'induire (c’est-à-dire de générer) ou d’approfondir l’état hypnotique.

La relaxation est un des outils dont dispose l’hypnotiseur mais sa pratique ne se limite pas à l’utilisation de la relaxation.


D- L’hypnose n’est pas une thérapie

1) L'hypnose n'est pas une thérapie. Il existe donc une distinction entre hypnose et hypnothérapie. L'hypnose constitue un outil, une technique parfois utilisée à des fins thérapeutiques (on parle alors d’hypnothérapie), mais ses applications sont beaucoup plus larges, il est possible d’y recourir à des fins de développement personnel et professionnel, pour :

  • développer son potentiel (physique, intellectuel, psychique, artistique). L’hypnose permet d’apprendre à faire un meilleur usage des capacités que l’on possède déjà et à en développer de nouvelles. A titre d’exemple, il est possible d’amplifier ou de développer des capacités comme la mémoire, la créativité, la concentration, la confiance en soi, l’apprentissage, le charisme, la maîtrise d’une technique artistique ou sportive, la lecture hypnotique…
  • dépasser ses limites : se départir des comportements, des pensées et des émotions susceptibles d’entraver notre chemin vers la réussite et la réalisation de soi ; acquérir et optimiser des comportements nouveaux ; se pourvoir de nouveaux modes de pensées, de nouvelles compétences.
  • et par conséquent, améliorer ses performances, atteindre ses objectifs et réaliser ses rêves. Ainsi, l’hypnose aide à préparer mentalement sa réussite aux examens, concours, auditions, spectacles, exposés… Cette forme de préparation mentale est couramment utilisée par les sportifs de haut niveau. D’autres l’utilisent pour préparer de bons moments avec leur conjoint et /ou leurs enfants ou encore leurs séances de plongée sous- marine.
  • mieux se connaître (mieux comprendre son fonctionnement psychique), apprendre à communiquer hypnotiquement avec soi-même et son inconscient permet de mieux communiquer avec autrui.
  • se détendre et améliorer sa santé:
    • programmer un meilleur sommeil
    • pouvoir gérer ses émotions (stress, colère…)
    • pouvoir gérer la douleur physique (migraine, fibromyalgie…)
    • accéder plus aisément à son imaginaire et ainsi le mobiliser pour toute activité créative, pour toute recherche de solutions)

2) L'hypnothérapie est une modalité de traitement dans laquelle on recourt à l’hypnose.

En hypnothérapie, on n’utilise pas que l’hypnose. La plus grande majorité des hypnothérapeutes éricksonniens, l’utilise conjointement à d’autres techniques telles que les prescriptions de tâches thérapeutiques, les recadrages, la psychanalyse, les thérapies cognitivo- comportementales. Pour cette raison, mieux vaudrait parler de thérapie recourant à l’hypnose que d’hypnothérapie.

Pour traiter certains problèmes ou certains patients, elle sera privilégiée, utilisée plus fréquemment.

L'hypnothérapie requiert une formation de psychothérapeute (qu'elle soit psychanalytique, cognitive, systémique...) et une formation aux techniques hypnotiques.


E- Hypnose et mémoire

L’utilisation de l’hypnose par BREUER et FREUD dans les années 1880-1890 a laissé entendre qu’une transe hypnotique permettait de retrouver les souvenirs refoulés. Contrairement à cette idée reçue, l’hypnose ne sert pas essentiellement à retrouver dans le passé les causes de perturbations ou de symptômes actuels.

FREUD a cru un temps que les manifestations hystériques découlaient de traumatismes refoulés et qu’en état d’hypnose les patients pouvaient retrouver les souvenirs des événements à l’origine de leur pathologie.

Il est vrai que l’état de transe hypnotique favorise l’émergence de souvenirs non accessibles à l’état de veille ordinaire.

Cependant, l’authenticité des « souvenirs » retrouvés n’est aucunement garantie. L’hypnose n’est pas un sérum de vérité. Le syndrome des faux souvenirs est aujourd’hui bien connu, et plusieurs travaux scientifiques lui ont été consacrés.

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Brève histoire de l'hypnose

1- Origines en Inde, Egypte et Grèce

La plus ancienne source écrite relative à l’usage de l’hypnose comme outil thérapeutique est un livre en sanskrit : Les Lois de Manu, qui décrit (entre autres) différents états de transe hypnotique. Le yoga nidra, pratique indienne, s’apparente à l’hypnose.

L’hypnose était également utilisée en Egypte (le Papyrus Ebers, datant de1500 avant Jésus- Christ, l’atteste) et en Grèce dans des « temples du sommeil », pour soigner avec des suggestions hypnotiques.


2- Franz Anton Mesmer et le « Magnétisme Animal »

Franz Mesmer (1734-1815), un médecin d’origine autrichienne, a utilisé ce qu’il appelait le « magnétisme animal » ; cette expression désigne une force, une énergie particulière qui habiterait les corps des humains et des animaux, qui peut être dirigée pour générer un état hypnotique.


3- Abbe Faria

Au début du 19ème siècle, un prêtre Indo- Portugais, l’Abbé Faria, a introduit en France des techniques d’hypnose d’origine indienne. A la différence de Mesmer, Faria clame que l’état hypnotique est généré par le mental du patient, par ses attentes et par sa coopération, en réponse aux suggestions qui peuvent lui être faites. Son travail a grandement inspiré Emile Coué et M. Schultz.


4- Le Marquis de Puységur et le « somnambulisme »

Le Marquis de Puységur, qui fut élève de Mesmer, a le premier décrit le somnambulisme, et l’a relié à un état d’hypnose.


5- Les débuts de la recherche médicale sur l’hypnose : James Braid

Appelé « le père de l’hypnose moderne », Braid a rejeté l’idée de Mesmer selon laquelle l’hypnose était provoquée par un magnétisme, une force magnétique. Selon lui, la transe est un processus physiologique. Ainsi, l’attention prolongée sur un objet fatiguerait certaines parties du cerveau et générerait la transe. Dans un premier temps, il a appelé ce processus « neuro- hypnose » puis, croyant que le sommeil était impliqué dans ce phénomène, il l’a rebaptisé « hypnose » (du nom Hypnos, le dieu grec du sommeil). Il a plus tard réalisé que le sommeil et la transe ne s’apparentaient pas, il a souhaité alors renommer cette dernière, mais le terme « hypnose » est resté.


6- Les débuts de la recherche en psychologie sur l’hypnose

Dans les années 1880, l’étude de l’hypnose est passée des chirurgiens aux professionnels de la santé mentale. Le chef de file de ce mouvement est le neurologue Jean- Martin Charcot (1825-1893), qui a utilisé l’hypnose pour traiter l’hystérie. (Freud, élève de Charcot, s’est aussi initié à l’hypnose, mais l’a rapidement délaissée).

Pierre Janet, un autre élève de Charcot, a élaboré la théorie de la dissociation.


Ambroise- Auguste Liébault (1864-1904), quant à lui, a souligné le premier la nécessité de la coopération entre l’hypnotiseur et le participant, (la nécessité de créer un rapport). Il a également montré l’importance de la suggestibilité dans la genèse de l’état hypnotique.

Emile Coué, Johannes Schultz (auteur du training autogène) ont popularisé des principes de transe hypnotique et d’auto- suggestion.


7- Histoire récente

L’utilisation de l’hypnose dans le traitement des névroses et dans ce qui est aujourd’hui appelé le syndrome de stress post- traumatique.


8- Innovations majeures dans la pratique de l’hypnose : Milton Erickson

M. Erickson révolutionne la pratique de l’hypnose en introduisant « l’hypnose permissive », et un langage hypnotique spécifique. Il ne théorise pas sa pratique, et sa conception de l’inconscient diffère grandement de celle de Freud. Pour M. Erickson, l’inconscient est une entité psychique bienveillante, notre « guérisseur » intérieur, une source de ressources auxquelles il est possible d’accéder en état de transe hypnotique…

Les travaux de M. Erickson ont été repris et approfondis par certains de ses élèves : Zeig, Rossi, Yapko…



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Hypnose éricksonienne