EMDR | PNL | Hypnose éricksonienne
Sommaire :
- Définition de la PNL
- La PNL, pour quoi faire ?
- Bref historique de la PNL
- Les principaux présupposés : la PNL : un modèle, pas une théorie
Définition de la PNL
Que signifient les trois lettres PNL ? : Programmation Neuro - Linguistique
- La PNL est l’étude de l’expérience subjective : elle étudie la manière dont nous structurons nos représentations de la réalité et la manière dont ces représentations influencent nos comportements et notre rapport au monde.
- La PNL regroupe un ensemble de techniques d’observation, de communication et d’intervention visant à améliorer la qualité de la relation à soi, celle de la relation à autrui et à mettre en œuvre des changements.
Le mot programmation renvoie aux théories cognitives de l’apprentissage et à la manière dont nous codons ou dont nous nous représentons mentalement nos expériences. Le terme de programmation est également utilisé en Informatique et établit par analogie un parallèle entre le fonctionnement du cerveau et celui d’un ordinateur. Le matériel (hardware) serait le cerveau et les programmes (software) équivaudraient à nos représentations, stratégies et processus internes. Un programme informatique fonctionne selon des séquences qui ont été enregistrées, de même notre cerveau fonctionne selon des séquences qui ont été apprises, consciemment et inconsciemment. Nous disposons de programmes plus ou moins efficaces pour : marcher, parler une langue étrangère, discuter avec son conjoint, passer un examen, conduire une voiture, prendre une décision.
Les praticiens de la P.N.L. considèrent que le cerveau est « programmable » par l’apprentissage : il est possible d’apprendre à avoir peur des rats, il est possible d’apprendre à ne plus les craindre, par exemple. Il est possible de réorganiser notre programmation interne pour atteindre les résultats que nous souhaitons.
Le mot « neuro » fait référence au système neurologique. La « programmation »/ l’apprentissage s’effectue par l’intermédiaire de notre activité neurologique, à partir de l’activité des sens. Chaque apprentissage fait intervenir nos cinq sens physiologiques et le contenu appris, que ce soit une langue, une partition, une croyance sur le monde, un réflexe, un comportement, … , est codé/ programmé dans notre cerveau en sous- modalités auditives, visuelles, kinesthésiques, gustatives et / ou olfactives.
La linguistique est l’étude du langage. Le langage est le reflet de notre état interne, de notre « programmation » neurologique, de ce que nous pensons et de la manière dont nous pensons, de nos affects. Ainsi le langage révèle la manière dont nous nous représentons le monde et celle dont nous structurons notre expérience.
Le langage est aussi un outil de (re)programmation, un moyen de (re)programmer nos représentations du monde et nos expériences. La P.N.L. utilise (entre autres) des outils langagiers permettant de (re)structurer nos représentations et donc notre rapport au monde pour nous permettre d’atteindre nos objectifs.
La PNL, pour quoi faire ?
La PNL est utilisée à des fins de développement personnel ou professionnel, ou encore à des fins thérapeutiques.
Grâce à elle, nous pouvons changer nos schémas mentaux, faire évoluer nos croyances et nos valeurs.
La P.N.L. nous aide à optimiser notre manière de communiquer avec autrui et à établir des relations de qualité.
En l’utilisant, il nous est possible de développer notre potentiel, de déterminer et d’atteindre des objectifs tant personnels que professionnels.
Elle permet d’identifier, d’apprendre et de reproduire des stratégies d’excellence, les nôtres ou celles d’individus particulièrement performants.
Utilisée comme outil thérapeutique, elle relève des thérapies brèves, elle privilégie la question «comment aller mieux ?» au « pourquoi ça ne va pas ?», sans pourtant ignorer cette dernière, et propose, outre l’utilisation de ses protocoles spécifiques, de mobiliser nos ressources ou d’en créer de nouvelles pour générer des changements.
Bref historique de la PNL
Deux chercheurs américains, Richard Bandler et John Grinder, sont à l’origine de la P.N.L.. Grinder est linguiste, Bandler informaticien et tous deux sont docteurs en psychologie.
- En 1972, Grinder est professeur à l’Université de Santa Cruz et Bandler lui demande de superviser sa thèse de doctorat. Ils sont passionnés par la question de l’efficacité thérapeutique. Ils décident rapidement de collaborer pour modéliser (ie décrire précisément) les modes d’intervention de grands thérapeutes (M. E. Erickson, V. Satir, F. Perls…). Leur démarche repose sur l’idée que les capacités de ces personnes sont (comme toute aptitude humaine) régies par des règles que l’on peut identifier, formaliser et enseigner. Selon eux, ce que l’on appelle communément « talent », « génie », suppose une série de mécanismes déchiffrables, qui peuvent être « décodés » de façon précise et par conséquent reproduits.
- En 1973, Bandler et Grinder créent leurs premiers groupes expérimentaux. Les observations et les études qui en découlent constituent la base de ce qui deviendra la P.N.L..
- En 1975, ils publient deux livres qui déterminent les orientations épistémologiques et les options méthodologiques de la PNL et qui adaptent certains apports de la linguistique à l’entretien thérapeutique pour élaborer leur métamodèle.
- Structure of Magic, volume 1: se focalise sur les acquis de la grammaire générative et amorce une critique de Bateson
- Patterns of the hypnotic techniques of Milton Erickson est la première modélisation systématique réalisée en PNL.
- En 1976, le terme de PNL est forgé. Il apparaît à la fin de Structure of Magic, volume 2. La création de ce vocable montre que le modèle de Bandler et Grinder s’élargit : il ne se limite plus à la linguistique et s’étend à une étude plus large du comportement, qui incorpore des éléments de la cybernétique, de la neuro- psychologie et des idées de Bateson.
La P.N.L. est appliquée pour la première fois à la pratique thérapeutique de Virginia Satir. Puis ses auteurs procèdent à la modélisation du travail de Milton Erickson. - En 1977 la PNL est enseignée pour la première fois selon une méthodologie pédagogique qui sera /affinée après quelques années. A cette occasion, la PNL s’éloigne clairement de ses cliniciens de référence : elle crée ses propres techniques d’intervention. Ce changement se manifeste dans un livre paru en 1979 (Frogs into Princes, traduction française : Les secrets de la communication).
- En 1978, Grinder et Bandler décident de ne plus travailler ensemble mais ils continuent à échanger. La PNL est appliquée à d’autres contextes que celui de la thérapie, telle que l’entreprise, et l’éducation.
- En 1980, Grinder et Bandler rompent définitivement leur relation.
- En 1981, paraît un livre de synthèse, co- signé des fondateurs et de leurs collaborateurs (Dilts and al., NLP volume 1). Ce livre signe définitivement la fin des collaborations des fondateurs de la PNL.
- En 1985, Avec Un cerveau pour changer, Bandler met à jour les sous- modalités. Steve et Connirae Andreas les utilisent dans une série d’expériences qu’ils relatent dans Change your mind and keep the change.
- En 1986, Leslie Cameron Bandler démontre dans Emotional Hostage que toute émotion porte un message spécifique que l’on peut exploiter pour mieux comprendre notre expérience et agir en conséquence. Elle note que les émotions ont une structure décodable, et qu’il est possible de les modifier en transformant cette structure.
- En 1986 paraît également le premier best seller de PNL : Pouvoir Illimité, ouvrage de vulgarisation écrit par Anthony Robbins.
- En 1988 Ted James mène des recherches sur la ligne du temps et son application thérapeutique. Richard Bandler et Leslie Cameron Bandler mettent en exergue les méta- programmes : des schémas organisateurs de la pensée qui structurent et orientent notre façon de trier, évaluer et créer les informations.
- En 1990, Robert Dilts complète le modèle de la ligne du temps en créant des protocoles qui l’incluent et permettent de modifier les croyances limitantes.
- En 1991, Robert Dilts modélise la créativité de Léonard de Vinci, Albert Einstein, Walt Disney et Aristote. Il met à jour leurs stratégies psychiques dans le processus créatif.
- En 1994, Connirae et Tamara Andreas élaborent la Transformation Essentielle. Grâce à ce processus émergent des états de conscience que décrivent les différents courants spirituels.
Les principaux présupposés : la PNL : un modèle, pas une théorie
Introduction
Grinder et Bandler ont créé pour la psychothérapie et le développement personnel (ce que les linguistes ont réalisé pour le langage) : un modèle d’action précis et opérationnel. Leur objectif n’est pas tant l’élaboration d’une théorie de plus que la construction d’un modèle efficace.
La distinction entre modèle et théorie est importante, le rôle d’un modèle est de décrire le fonctionnement d’un système humain ou non humain. Le modèle répond donc à la question : « comment ça marche ? ». Le rôle d’une théorie consiste à fournir une tentative d’explication ou d’interprétation de ce système. La théorie tente de répondre à la question : « pourquoi ce système marche ainsi ? ».
Grinder et Bandler ont choisi d’observer des thérapeutes réputés pour exceller dans leur travail (Erickson, Satir, Perls) en prenant en compte non pas les théories auxquelles ils se référaient ni les explications psychologiques qu’ils donnaient, mais en observant leur pratique. Ils construisent un modèle de comportement de ces brillants psychothérapeutes : ceux- ci appliquent, la plupart du temps inconsciemment, des modèles d’interaction communs. Bandler et Grinder partent du principe que les structures qui sous- tendent le travail des thérapeutes efficaces sont décelables, et qu’une fois comprises, on peut en faire un modèle qui peut être reproduit et enseigné.
Les apports extérieurs : les sources de la PNL
Cette approche, aussi pragmatique qu’elle soit, ne naît pas de rien. La PNL s’étaie sur diverses sources de référence. Les auteurs en ont fait une synthèse, qu’ils ont ensuite complétée par des outils spécifiques.
- la linguistique (travaux de Chomsky sur les structures profondes et de surface du langage ; travaux de Korsybski sur la sémantique générale et la « carte du monde »).
- la psychologie cognitive
- la neurologie
- l’approche thérapeutique de Milton Erickson, F. Perls, V. Satir
- la cybernétique (étude du contrôle, de la régulation et de la communication chez les êtres vivants et les machines)
- l’informatique
- les travaux des chercheurs de l’école de Palo Alto
A) Premier présupposé : On ne peut pas ne pas communiquer
L’être humain vient au monde dans un univers de communication préexistant, et il quitte le monde en laissant derrière lui une communication en cours. L’acte de communiquer se réalise dans un système où aucune communication n’est première ni dernière. Qu’il le veuille ou non, l’homme s’intègre dans ce système. Dès que deux personnes se trouvent l’une en face de l’autre, elles communiquent nécessairement. Si elles ne veulent pas communiquer l’une avec l’autre, elles échangent déjà ce message.
De même, aucune communication ne se limite à ses interlocuteurs apparents. Les deux personnes qui se manifestent leur refus de communiquer, par exemple, le font dans leur environnement où, tôt ou tard, ce refus sera « parlant » : connu, interprété. Leur message peut s’arrêter à elles. Aussi recevront- elles des feed- backs émanant de l’extérieur.
La communication ne se limite pas non plus aux échanges verbaux, elle peut être également non verbale. (En 1970, au cours d’une recherche à l’Université de Pennsylvanie, A. Merhabian a pu estimer que seulement 7% de la communication était véhiculée par les mots ; 38% le seraient par les aspects analogiques de la voix (timbre, intonation, rythme…) et 55% par le langage corporel (gestes, postures, expression faciale…).
B) Deuxième présupposé : Tout comportement obéit à une intention positive
Ce présupposé est double :
- la personne est autre que ses comportements : nous ne pouvons confondre ce que fait cette personne et ce qu’elle est
- en outre, soutenir qu’une intention positive (inconsciente) préside à tout comportement signifie que même si une intention ou un comportement immédiats semblent négatifs, on peut identifier au- delà une intention, souvent inconsciente, positive (ce choix est le meilleur pour elle à ce moment de sa vie).
C) Troisième présupposé : nous pouvons disposer de toutes les ressources nécessaires à la réalisation de nos objectifs
Chaque être humain possède les moyens dont il a besoin pour faire face à toutes les situations qu’il rencontre. Lorsqu’il semble ne pas être en possession de ces ressources, c’est qu’en fait il n’y a pas accès. Autrement dit, tout se passe comme si la personne disposait d’une réserve inépuisable mais ne l’utilise pas, soit parce qu’elle ne sait pas qu’elle la possède, soit parce qu’elle ne la trouve pas au moment où elle en a besoin.
La notion de ressources est liée à celle d’apprentissage : les ressources peuvent découler d’un apprentissage. Tout être humain peut apprendre ce qu’un autre être humain sait faire. Nous pouvons nous « re- programmer », modifier nos processus de communication (interne : avec soi- même ; et externe : avec autrui) afin de concrétiser plus facilement nos objectifs.
Dès lors, la PNL vise à rendre les ressources disponibles au sujet. Elle considère qu’il n’existe pas d’échec, mais seulement du feed- back, information qui nous permet de réorienter notre action de manière à réaliser nos objectifs.
D) Quatrième présupposé : « La carte n'est pas le territoire qu'elle représente » (A. Korsybski)
- En d’autres termes, notre représentation du monde n’est pas le monde. Ce que nous croyons être la réalité n’est en fait que notre représentation de la réalité.
- Chaque individu a sa propre carte du monde, personne n’accède directement à la réalité. Cette réalité, ensemble d’informations provenant de l’extérieur, passe par une série de filtres :
- physiologiques : toute perception est limitée par les possibilités neurologiques de nos récepteurs sensoriels
- socio- culturels : ils sont constitués par les apports de notre culture, de notre milieu et de notre famille (par exemple notre langue maternelle, qui structure notre raisonnement et nous fournit nos moyens d’expression verbale)
- individuels : un individu interprète le monde en fonction de son vécu, de ses souvenirs, de ses valeurs et croyances…
- Pour se constituer une « carte du monde », une interprétation de la réalité, l’individu dispose de trois facultés humaines de modélisation (/programmation). Ce sont des processus régulateurs de notre connaissance de la réalité :
- la généralisation consiste à tirer une loi à partir d’un seul exemple. « les femmes sont idiotes », « les belges ne mangent que des frites ».
- la sélection/ l’omission est le processus par lequel nous ne prêtons attention qu’à certains aspects de notre expérience et en excluons d’autres. Ainsi une mère perçoit sélectivement la voix de son bébé dans une pièce bruyante à l’exclusion de toute autre voix.
- la distorsion est le processus grâce auquel nous pouvons nous représenter les aspects d’un événement autrement qu’ils ne sont. En matière artistique cela permet de peindre des chevaux bleus (Marc). Par ce mécanisme, nous pouvons construire une expérience qui n’existe pas dans la réalité matérielle. (ex : mademoiselle X est secrétaire, son employeur lui reproche ses retards répétés et elle en déduit qu’il ne l’aime pas).
Le métamodèle est à la fois un modèle linguistique présentant les processus universels de la modélisation/ de l’interprétation de la réalité et une méthode de questionnement. Il « poursuit deux buts : 1) rendre compte des mécanismes utilisés par le sujet pour transformer son expérience sensorielle en mots ; 2) enrichir le modèle du monde du sujet en [le] questionnant » (Le nouveau Dico- PNL, Jane Turner et Bernard Hévin, Inter Editions).
Le métamodèle conçu par Grinder et Bandler vise à questionner les énoncés de généralisations, d’omissions ou de distorsions pour inviter un interlocuteur à être plus précis et/ou à prendre conscience de ses interprétations négatives ou déformées du monde ou de ses expériences.
Ainsi, cette méthode peut servir à obtenir des informations plus précises sur les attentes et les intérêts d’un individu. S’il a tendance à généraliser et qu’il affirme « cela n’intéresse personne », on peut lui demander, par exemple, « est-ce vrai dans tous les contextes ? » ou s’il dit « c’est mieux qu’avant », il est loisible de lui faire préciser « avant quoi ? » et « en quoi ? ».
E) Cinquième présupposé : L'échec n'existe pas, il n'y a que des feedbacks
Les praticiens de la PNL estiment que l’on peut utiliser toutes nos expériences passées pour progresser. Ce qui est appelé « échec », nous informe que l’on n’a pas encore réussi ce que l’on a entrepris ou que la façon d’entreprendre n’est pas adéquate ! Le vocable « échec » est ainsi considéré comme une simple étape, pas comme la fin d’un processus.


